Interview : Julien, autoconstruction maison ossature bois

Bonjour chers Lecteurs !

A2F a interviewé Julien L. qui est à la fin de la construction de sa maison à ossature bois !

interview

David A2F : Bonjour Julien, tout d’abord merci pour votre enthousiasme et votre temps à l’égard de cette interview. L’objectif est d’avoir un retour d’expérience sur l’auto construction d’une maison bois et en même temps sur la gamme de visserie Rocket que nous proposons à la vente.

Julien : Bonjour.

Julien, parlez-nous un peu de vous pour que nos lecteurs situent un peu le contexte et votre profil. Et aujourd’hui, où en êtes-vous dans la construction de votre maison ?

J’ai 35 ans, je vis dans le Sud-Ouest en gironde. Je suis professeur des écoles. Je suis plutôt bricoleur, mais je n’avais jamais envisagé un projet de cette envergure. C’est ce qui a fait que nous nous sommes jetés à l’eau, ma femme et moi. Si nous avions su au départ le travail qui était nécessaire, peut-être y aurions nous réfléchi à deux fois… et peut-être la peur nous aurait-elle dissuadés, ce qui aurait été dommage… maintenant que l’on commence à en voir le bout ! Au bout de deux ans et demi, nous en sommes au cloisonnage intérieur, à la plomberie et à l’électricité.

Se lancer dans l’auto construction de sa maison est un sacré projet. Depuis quand l’idée murissait dans votre esprit et quel genre de projet avez-vous monté ?

7 ans avant ce projet, lorsque notre premier fils avait 6 mois, nous avons cherché à acheter une maison. Mais très vite il a fallu se rendre à l’évidence : nos revenus ne nous permettaient pas de faire grand-chose et nous avons renoncé.

« Notre situation financière ne nous permettait toujours pas d’acquérir un bien qui correspondait à nos nouveaux besoins »

Le temps a passé, deux autres enfants sont venus agrandir notre famille et l’acquisition d’une maison est revenue à l’ordre du jour. Notre situation financière ne nous permettait toujours pas d’acquérir un bien qui correspondait à nos nouveaux besoins… à savoir 4 chambres. Nous pouvions acheter de l’ancien mais sans avoir de quoi effectuer les rénovations nécessaires. L’idée du neuf est venue après.

« si nous voulions une maison adaptée aux besoins de notre famille nombreuse, il fallait la faire nous même »

Après avoir fait le tour de différentes possibilités, rencontré des constructeurs et des banques, le choix était simple : si nous voulions une maison adaptée aux besoins de notre famille nombreuse, il fallait la faire nous même (ou presque) ou alors renoncer une fois de plus.

Le mode de construction qui nous a paru le plus accessible a été l’ossature bois. Nous souhaitions une maison de plein pied, mais les devis qui nous revenaient concernant les fondations condamnaient le projet. C’est avec l’aide du charpentier que nous avions retenus que nous avons réorienté le projet vers une maison à étage. Au final, nous avons fait nous même les fondations.

L’idée au départ était de faire l’élévation des murs avec le charpentier. Ce dernier a cependant trouvé une société capable de fabriquer des murs qui respectaient le cahier des charges qui nous avait plus chez cet artisan (création de murs perspirants) et il nous a monté l’ossature contreventée, jusqu’à la tuile. Nous avons pris la suite avec la pose des menuiseries, l’isolation des murs par l’extérieur en laine de bois, la pose d’un pare pluie rigide en fibre de bois, le lattage, le bardage à recouvrement de joints, la sous face de toiture extérieure, l’isolation du toit, la pose du pare vapeur, du plancher de l’étage, de l’ossature en bois des cloisons, le passage des gaines et fils électriques… et de tout ce qui reste encore à faire : plaquages en fermacell, isolation des cloisons, plomberie, sols, peintures de finition, assainissement… Et tout ce à quoi je ne pense pas (et heureusement…).

Peut-on dire que les maisons bois sont toutes écologiques ? C’est une question que l’on peut se poser quand on imagine le volume de bois nécessaire, mais en même temps le bois est un matériau naturel et s’intègre facilement à l’environnement. Donc quelles étaient vos motivations, écologie, prix, qualité de vie ..?

« tout est une question d’équilibre »

Je ne sais pas si toutes les maisons bois sont écologiques… Vous semblez voir une contradiction entre l’utilisation du bois en quantité et l’écologie… La déforestation est un fléau nous sommes bien d’accord. Cependant tout est une question d’équilibre. Si l’exploitation du bois nécessaire à la construction se fait dans le cadre d’une gestion écologique, il n’y a pas de problème. C’est ce que proposent de plus en plus de labels. Maintenant, je serai bien incapable d’affirmer que c’est la panacée et qu’il n’y a rien à améliorer. Un autre aspect est qu’il faut diversifier l’utilisation des ressources de notre chère planète et qu’il n’est pas souhaitable de ne plus construire qu’en bois !

Si l’on regarde d’autres aspects de l’écologie comme par exemple le rejet de CO2 lié ou le possible recyclage en fin de vie, il me semble qu’il est plus facile de mettre en avant les atouts de la construction bois. En effet, tout au long de sa croissance le bilan carbone d’un arbre est sacrément à son avantage… Il faut certes de l’énergie fossile pour sa transformation, mais cela est sans commune mesure il me semble avec ce qui est nécessaire à la fabrication de brique (fut-elle monomur…) ou de quoi que ce soit en terre cuite. Il en est de même pour les parpaings et tout ce qui touche de près ou de loin au béton…

« si on choisit bien ses bois, le recours aux traitements n’est pas une fatalité »

A l’autre bout de la vie de la maison, le bois peut se recycler, se réemployer dans une nouvelle construction, servir de bois de chauffage…il peut même se débrouiller tout seul si on le laisse à même le sol ! Tout ceci suppose cependant qu’il ne soit pas saturé de mille et un produits chimiques qui ont servis à le protéger tout au long de sa vie… mais si on choisit bien ses bois, le recours aux traitements n’est pas une fatalité.

Pour revenir à votre question, le choix du bois a été pluriel : l’aspect écologique et l’aspect technique ont été décisifs. Concernant le second point, nous étions de parfaits novices dans le bâtiment et nous imaginer en train de travailler le bois nous a fait moins peur que de nous projeter en train de monter des murs en brique. Cela ne nous a pas empêché de faire nos fondations… puis de faire monter par un charpentier une ossature contre-ventée, le solivage de l’étage et la toiture.

Quand on se lance dans l’auto construction bois, il faut déjà trouver la base, le bois. Le matériau qui sera surement le plus gros budget de la construction. Nous, nous ne vendons pas de bois, mais vous m’aviez appelé la première fois (il y a maintenant plusieurs mois) pour de la visserie. Où en étiez-vous à ce moment-là et comment êtes-vous arrivé sur notre boutique ?

« Vous étiez très bien placés pour la visserie »

A ce moment là, le charpentier venait de poser l’ossature et il nous fallait commencer l’isolation, poser le pare pluie et visser les lattes de bois qui tenaient ce pare pluie. Nous avions trouvé votre boutique grâce à internet. Vous étiez très bien placés pour la visserie dont nous avions besoin.

Quel type de vis avez-vous utilisé ? Avez-vous été satisfait de cette gamme de visserie Rocket ?

Nous avons utilisé de la rocket charpente en 6×100 et de la 5×80 ou 90 si mes souvenirs sont bons. Nous avons été très satisfait tant par votre accueil au téléphone, que par la livraison et la qualité du matériel.

Avez-vous des remarques quant à notre boutique ? Points positifs ou d’amélioration ?

RAS

Pour finir, avez-vous des conseils à donner pour les personnes ayant l’objectif de faire l’auto construction de leur maison en bois ? Des imprévus, des choses auxquelles on ne pense pas toujours ? Car le chantier c’est aussi ça, il est difficile de tout prévoir et parfois le petit détail peut devenir un vrai casse-tête, non ?

« une maison à étage est bien plus compliquée à concevoir qu’une maison de plein pied »

En effet… on ne peut pas tout prévoir. Surtout que les choix que l’on a fait au départ sont remis en cause au fur et à mesure que l’on avance. Une chose certaine est qu’une maison à étage est bien plus compliquée à concevoir qu’une maison de plein pied… Le passage des gaines électriques, de la vmc double flux, des évacuations sanitaires et autres aérations des WC… Le tuyau du poêle… Toutes ces contraintes ont des incidences soit sur les pièces du dessus, soit sur les pièces du dessous… Et en plus il faut un escalier… Cela n’a l’air de rien, mais juste placer un escalier de façon optimale est chose compliquée et donne lieu à des discussions… Donc si possible, opter pour le plein pied simplifie la vie !

« nous avons aussi à plusieurs reprises regretté… avant de reprendre courage ! »

Je ne donnerai pas d’autre conseil à des personnes qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure car c’est un choix personnel et lourd de conséquences sur la vie familiale. Notre inconscience nous a fait faire ce choix et nous ne le regrettons pas. Nous sommes plus autonomes que jamais, avons pris confiance en nous, mais nous avons aussi à plusieurs reprises regretté… avant de reprendre courage ! C’est un choix qui engage dans la durée et c’est il me semble ce qui est le plus compliqué à gérer et à anticiper.

Julien, merci encore pour votre temps. J’espère que votre chantier se terminera bien et que vous serez vite installé !

A bientôt !

Je vous remercie à mon tour. Nous ne sommes pas encore installés dans la maison mais nous nous en rapprochons chaque jour !

A bientôt.

3 réflexions au sujet de « Interview : Julien, autoconstruction maison ossature bois »

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